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Marchés hôteliers · France

Hôtels à Strasbourg et dans le Grand Est : céder et investir

Mis à jour le

Strasbourg a une particularité que peu de villes françaises partagent : une partie de sa demande hôtelière est fixée par des calendriers qui ne dépendent pas d’elle. Les sessions du Parlement européen, les réunions du Conseil de l’Europe, les audiences de la Cour européenne des droits de l’homme et l’Avent remplissent la ville à des dates connues longtemps à l’avance. Autour, l’Alsace et le reste du Grand Est offrent un tissu dense d’hôtels indépendants, souvent familiaux, dont beaucoup arrivent au moment de la transmission.

Une ville réglée sur des calendriers extérieurs

Les institutions européennes

Strasbourg est le siège officiel du Parlement européen. Les sessions plénières s’y tiennent selon un calendrier publié chaque année. Pendant ces semaines, députés, assistants, fonctionnaires, journalistes et représentants d’intérêts arrivent en même temps, du lundi au jeudi. Le Conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’homme ajoutent une demande plus régulière : délégations, avocats, experts, visiteurs officiels.

Un acquéreur lit cette demande avec attention. Elle est prévisible, ce qui facilite la gestion des prix. Elle est aussi concentrée, ce qui crée des semaines creuses entre deux sessions. Le compte d’exploitation d’un hôtel du quartier européen ou du centre ne se comprend qu’en le rapprochant de ce calendrier, semaine par semaine. Un RevPAR annuel ne dit presque rien ici.

L’Avent et le reste de l’année

Le marché de Noël de Strasbourg compte parmi les plus anciens d’Europe. Il attire, pendant tout l’Avent, une clientèle de loisirs venue de France, d’Allemagne, de Suisse et de plus loin. Colmar, Kaysersberg, Riquewihr et de nombreux villages organisent les leurs. Pour beaucoup d’hôtels alsaciens, décembre pèse lourd dans l’exercice.

Le reste de l’année repose sur la clientèle d’affaires (université, hôpitaux, administrations, entreprises de la métropole), sur les congrès et salons du quartier du Wacken, et sur le tourisme culturel. La Grande Île et la Neustadt sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le Rhin

Le tourisme rhénan prend plusieurs formes. Les croisières fluviales font escale à Strasbourg, mais leurs passagers dorment à bord : leur apport à l’hôtellerie est surtout indirect. Les séjours de part et d’autre du fleuve, Kehl, la Forêt-Noire, Baden-Baden ou les grands parcs de loisirs du pays de Bade, profitent davantage aux hôtels alsaciens, qui servent de base.

Colmar, la route des vins et le Grand Est

La route des vins d’Alsace relie des villages viticoles où l’hôtellerie est souvent familiale : un hôtel de quelques dizaines de chambres, une winstub ou un restaurant, parfois un spa ajouté plus tard. Colmar, avec son centre ancien et le musée Unterlinden, concentre une clientèle de loisirs à l’année, plus marquée au printemps, pendant les vendanges et en décembre. Les Vosges ajoutent la randonnée l’été et une activité hivernale plus modeste.

Le Grand Est ne se résume pas à l’Alsace. Reims et la Champagne vivent de l’œnotourisme et de la clientèle d’affaires des maisons de champagne. Les coteaux, maisons et caves de Champagne sont inscrits au patrimoine mondial. Nancy et sa place Stanislas, Metz et le Centre Pompidou-Metz, Mulhouse et ses musées ont chacun leurs ressorts. La Lorraine du nord regarde aussi vers le Luxembourg.

Côté accès, la LGV Est européenne relie Strasbourg, Metz, Nancy et Reims à Paris. L’aéroport de Strasbourg-Entzheim et l’EuroAirport de Bâle-Mulhouse-Fribourg desservent le sud de la région.

La frontière, côté clientèle et côté acquéreurs

La frontière allemande et la frontière suisse jouent deux fois. D’abord dans la demande : une clientèle allemande et suisse de week-end, de gastronomie et de marchés de Noël, sensible au rapport entre prestation et prix. Ensuite parmi les acquéreurs possibles : exploitants et investisseurs allemands, suisses ou luxembourgeois s’intéressent à des actifs qu’ils connaissent comme clients.

Un acquéreur étranger pose d’autres questions qu’un acquéreur local. Il veut comprendre le droit français du bail commercial, la convention collective, la fiscalité de l’opération, et souvent le droit local alsacien-mosellan. La documentation doit être lisible par lui : un mémorandum clair, des chiffres retraités et expliqués, une data room ordonnée.

Les maisons familiales : ce que regarde un repreneur

Une grande partie de l’hôtellerie du Grand Est appartient à des familles qui l’exploitent depuis une ou plusieurs générations. La cession intervient souvent sans repreneur dans la famille. Elle soulève des questions récurrentes.

  • La dépendance au dirigeant. Quand le propriétaire est aussi le chef, le maître de maison ou le visage de l’établissement, l’acquéreur se demande ce qui reste après son départ. Une transition organisée et un encadrement en place pèsent sur la valeur.
  • La part du restaurant. Dans un hôtel-restaurant, la restauration peut porter une part importante du chiffre d’affaires et de la réputation. L’acquéreur la lit séparément, avec ses propres marges.
  • Les murs et le fonds. Ils sont parfois détenus par des membres différents de la famille, ou en indivision. Le choix entre murs et fonds, fonds seul ou titres suppose d’abord un accord entre eux. Le guide Asset deal ou share deal détaille les options.
  • Les travaux différés. Une maison bien tenue peut avoir repoussé une mise aux normes, une rénovation de chambres ou un changement de chaudière. L’acquéreur les chiffre et les déduit. Mieux vaut les avoir documentés avant lui.
  • Les comptes. Rémunérations familiales, logement de fonction, dépenses mixtes : l’EBE publié doit être retraité, pièce par pièce, pour montrer l’exploitation telle qu’un tiers la reprendrait.

Droit local, patrimoine, bâti : les points à anticiper

Dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, plusieurs règles du droit local s’appliquent encore. La publicité foncière y passe par le livre foncier, tenu par le juge, ce qui a des effets pratiques sur la préparation des actes. Le droit du travail local comporte aussi des particularités, comme des jours fériés propres. Le notaire et l’avocat en précisent la portée pour chaque opération.

Les centres anciens de Strasbourg, de Colmar et de nombreux villages sont protégés. Toute transformation d’un immeuble ancien, extension, surélévation ou changement de façade, passe en principe par l’avis de l’architecte des Bâtiments de France et par les règles locales d’urbanisme. Le bâti à colombages pose ses propres questions de sécurité incendie et d’accessibilité au titre de la réglementation ERP. Un acquéreur les instruira en due diligence : mieux vaut que le dossier y réponde d’avance.

Céder là où tout le monde se connaît

Dans une ville moyenne ou sur la route des vins, une vente ne reste pas longtemps secrète si elle circule. Les fournisseurs, les confrères, les équipes et les clients fidèles se connaissent. Une rumeur peut provoquer des départs avant la saison de Noël, ou un recul des réservations de groupes.

Quelques règles en découlent :

  • aucun dossier publié, aucune annonce, aucun passage par les portails
  • un teaser dont l’anonymat est testé par quelqu’un qui connaît le marché local, car une capacité, une catégorie et un village suffisent parfois à identifier un hôtel
  • un accord de confidentialité avant toute information, et une divulgation en deux temps quand le personnel ne doit rien savoir : l’identité de l’hôtel n’est remise qu’à la visite ou à la lettre d’intention
  • des visites hors des périodes de forte activité, sans échange avec le personnel
  • un calendrier qui évite de signer ou d’annoncer en pleine saison de l’Avent

Le guide Céder son hôtel sans fragiliser l’exploitation développe ces précautions.

Notre intervention

Nous intervenons pour le seul vendeur, sous mandat exclusif, avec une lecture de l’exploitation avant la pierre. Le dossier est présenté hors marché, un par un, à des acquéreurs qualifiés du Cercle dont les critères correspondent à l’actif. Le détail de la démarche figure sur la page Céder un hôtel.

Rédigé par

Richarde Riehm

Présidente de RR Hôtels & Finance

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